La santé et l’art de manger

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Source: Le livre de recettes de cuisine végétarienne intitulé: Le goût supérieur par Adiraja dasa aux éditions Bhaktivedanta Paris.

Voir les recettes de cuisine végétarienne.

L’avatar Dhanvantari qui apporta la science ayurvédique sur Terre

Si l’Inde est le berceau de la cuisine végétarienne, elle est aussi, par un de ses textes anciens – l’Ayurveda, celui de la science de la vie et de la santé. On ne doit pas s’étonner du fait que des écritures spirituelles traitent de la santé corporelle, car ces mêmes textes affirment que le corps humain représente un don de Dieu pour permettre à l’âme de s’affranchir du joug de la matière. C’est dans cette optique que les Vedas soulignent l’importance, pour le spiritualiste, d’une vie saine et équilibrée. La Bhagavad-gita déclare: “Nul ne peut devenir un spiritualiste s’il mange trop, mais aussi trop peu, s’il dort trop, mais aussi trop peu. Qui garde la mesure dans le manger et le dormir, dans le travail et la détente peut, par la pratique du yoga, adoucir les souffrances de l’existence matérielle.”

L’Ayurveda précise pour sa part que l’homme désireux de vivre en bonne santé doit apprendre l’art de bien manger pour faciliter le travail de son système digestif, car une mauvaise digestion est à l’origine de la plupart des maladies. Voici donc quelques conseils sur l’art de se nourrir, tirés de l’Ayurveda et d’autres écrits védiques.

Mangez avec modération

On ne doit manger que la moitié de la quantité de nourriture que l’on pense pouvoir absorber; il faut réserver un quart de la capacité stomacale pour le liquide et un autre pour l’air. Cette pratique facilite la digestion et accroît ainsi le plaisir de manger.

Ne noyez pas le feu de la digestion

Nous connaissons une sorte de feu, celui que nous utilisons pour faire cuire nos aliments, mais il en est une autre, agissant à l’intérieur de notre corps comme une force invisible, et qui joue un rôle important dans la digestion. Pour ne pas entraver son oeuvre, il faut savoir quand et comment boire. L’eau bue avant les repas peut réduire l’appétit et, par là, contribuer à prévenir l’embonpoint; il est également possible de boire un peu pendant les repas afin de faciliter le travail de l’estomac. Mais boire après les repas a tout simplement pour effet de diluer les sécrétions gastriques et de ”noyer” pour ainsi dire le feu de la digestion. On peut toutefois prendre un verre d’eau une heure après le repas et ensuite toutes les heures, si besoin est,  jusqu’au repas suivant.

Prenez vos repas dans une ambiance agréable

…une atmosphère plaisante sont aussi importantes pour la digestion que la qualité de la nourriture elle-même

L’angoisse, la colère et la nervosité perturbent la digestion;  il importe donc de prendre ses repas en un lieu paisible et agréable. Le Ksema-Kuthala, un livre de cuisine védique datant du 2e siècle, explique que la bonne humeur et une atmosphère plaisante sont aussi importantes pour la digestion que la qualité de la nourriture elle-même. Méditez sur le fait que votre nourriture représente la miséricorde de Dieu, et partagez-la avec autrui; cuisinez-la, servez-la et consommez- la dans un esprit à la fois respectueux et joyeux.

Prenez goût à la nourriture sanctifiée

La Bhagavad-gita décrit trois sortes d’aliments:

”Les aliments de la vertu purifient l’existence et en prolongent la durée; ils procurent force, santé, joie et satisfaction. Ces aliments nutritifs sont doux, juteux, riches et pleins de saveur. Les aliments trop amers, acides, salés, piquants, secs ou chauds, sont aimés de ceux que domine la passion. Ils engendrent souffrance, malheur et maladie. Et chers aux hommes qu’enveloppe l’ignorance, les aliments cuits plus de trois heures avant d’être consommés, les aliments privés de goût, de fraîcheur, malodorants, décomposés ou impurs, voire les restes.”

En d’autres termes, la nourriture que l’on consomme influence la qualité de notre existence. Le monde d’aujourd’hui est un proie à beaucoup de souffrances inutiles simplement parce que la plupart des gens n’ont pas vraiment critères pour choisir leur nourriture que le prix et le plaisir immédiat qu’ils en retirent.

Outre l’entretien et l’édification de notre corps, l’un des rôles importants de la nourriture sera de purifier notre mental de telle sorte que nous ayons une disposition d’esprit favorable à l’égard de la vie spirituelle. Voilà pourquoi les écrits védiques préconisent d’offrir à Dieu toute nourriture avant de la consommer. Aujourd’hui encore, en Inde, des millions de personnes trouveraient inconcevable d’agir autrement.

Soyez réguliers dans vos habitudes à table

Il faut, dans la mesure du possible, prendre le repas principal à midi, lorsque la force digestive est à son maximum. Les repas du matin et du soir doivent être plus légers. Il est recommandé d’attendre au moins six heures après un repas copieux avant de manger à nouveau, et trois heures après un repas léger. Manger à des heures régulières et éviter de grignoter entre les repas favorise l’appariement de la langue et du mental.

Offrez du prasadam à autrui

Srila Rupa Goswami explique dans l’Upadesamrita, un livre écrit il y a cinq cents ans, à propos du service de dévotion:

”Offrir du prasadam et accepter du prasadam sont l’occasion, pour les dévots, d’exprimer leur amour.”

Un don de Dieu est trop précieux pour être gardé pour soi seul et c’est ainsi que les Ecritures recommandent de partager le prasad avec d’autres, fussent-ils amis ou inconnus. Dans l’Inde d’hier (cette pratique existe d’ailleurs toujours), il était d’usage que le chef de famille sorte sur le seuil de sa maison avant chaque repas et crie: ”Prasad! Prasad! Prasad! Que tous ceux qui ont faim veuillent bien approcher et partager notre repas.” Et c’est seulement après avoir servi son ou ses invités qu’il prenait lui-même son repas. Même si cette pratique se raréfie, cherchez les occasions d’offrir de la nourriture à autrui, et vous même savourerez plus encore le goût du prasadam.

Evitez le gaspillage

Les Ecritures enseignent que chaque miette de nourriture gaspillée en période d’abondance manquera au moment où nous en aurons besoin. Srila Prabhupada, lorsqu’il cuisinait, ne gaspillait pas même un grain de riz tombé à terre: il le ramassait, le lavait avec soin, et l’utilisait. Mettez seulement sur votre assiette autant de nourriture que vous pourrez en manger, et conservez les restes pour le prochain repas. Si pour une raison quelconque, vous devez jeter du prasad, donnez-le alors aux animaux, enterrez-le ou jetez-le dans un plan d’eau. Le prasad est sacré et ne devrait jamais être jeté dans la poubelle. Que vous cuisiniez ou que vous mangiez, soyez attentifs à ne pas gâcher de nourriture.

Le repas

La cuisine indienne est d’abord et avant tout pratique, car elle se compose de mets de qualité qui, avec un peu d’organisation et d’expérience, seront préparés en un minimum de temps. Lorsque Srila Prabhupada cuisinait, le moindre de ses gestes venait à point; il nous montra ainsi qu’un repas complet peut se préparer en moins d’une heure.

Commencez par la pâte à puri ou à chapati (pains indiens) que vous laisserez reposer aussi longtemps que possible avant de la rouler. Vient ensuite la réalisation des plats qui demandent une longue cuisson, comme le dal et le chutney. En attendant que l’eau du halava et du riz bouille, préparez d’autres plats.

Tant que vous ne serez pas pleinement accoutumé à la cuisine indienne, il sera sage de veiller à ce que vos épices et ingrédients soient moulus et mesurés au préalable, car certaines recettes exigent un travail ininterrompu. Une bonne habitude à prendre est de tout nettoyer au fur et â mesure; vous pourrez ainsi réutiliser les divers ustensiles dès que vous en aurez besoin. Vous maintiendrez également un état de conscience clair et une joyeuse humeur, et votre travail final n’en sera que facilité.

Le petit déjeuner

Dans la tradition védique, le petit déjeuner est assez nourrissant: un oupma ou un khitchri, des pois chiches, des puris, un morceau de gingembre frais et un lassa ou un yaourt nature. Si toutefois vous désirez un repas plus léger, un choix étendu vous est offert; puris et confiture, shrikhand et papadams, pacoras, ou tout simplement des fruits frais et du yaourt.

Le déjeuner

Il se composera de riz et de dal, de chapatis et d’un plat de légumes. Voilà un ensemble de mets qui se combinent à merveille pour assurer une bonne digestion, donner des forces et préserver la santé. Il s’agit d’un déjeuner typiquement védique, qui se trouve néanmoins tout à fait approprié à nos besoins occidentaux. Ce livre vous offre un assez large éventail de recettes de riz, de bals, de pains et de plats de légumes afin que vos déjeuners soient différents chaque jour si vous le désirez. En fonction de votre appétit et du temps dont vous disposez pour cuisiner, vous pouvez ajouter à vos repas chutneys, vantas, entremets salés, sucreries et boissons. Il suffit de 45 minutes à une heure pour préparer un tel déjeuner.

Le dîner

Il est en général plus léger que le déjeuner. Il peut se composer d’un plat de légumes, d’un chutney, d’un entremets salé, d’une douceur et d’un pain. Nous vous recommandons également de boire une tasse de lait chaud juste avant d’aller dormir.
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