Jésus pur dévôt du Seigneur

Jésus pur dévôt du Seigneur

Par Satyaraj das.

Que fit Jésus entre douze et trente ans ? Nous sommes conscients de sa naissance miraculeuse. La Bible parle aussi d’un fameux incident du temple à l’âge de douze ans.

Et puis on reparle de lui à trente ans, quand il se fait baptiser dans la rivière Jordan.

Avec tout notre respect pour ses accomplissements après cet âge, il nous reste quand-même dix-huit années sans traces de lui.

Est-ce sans importance ? Au contraire, si nous devions accepter que Jésus-Christ ait changé la face de la Terre en trois années – et il l’a fait – alors ces dix-huit années manquantes deviennent crucialement importantes dans la vie d’une personne qui est considérée comme Dieu incarné par beaucoup – et au moins comme un saint par d’autres – alors chaque moment est essentiel, chaque geste est instructif, chaque divertissement est précieux.

Jésus et Krishna

Jésus et Krishna

Mais la Bible est silencieuse sur ces années manquantes. Depuis 1947, de nombreux rouleaux de parchemins ainsi que des fragments ont été découverts dans la Mer Morte en Israël et à Nag Hammadi en Egypte. Bien que ces découvertes nous éclairent un peu plus sur la vie en Palestine au premier siècle ainsi que la culture biblique en général, elles ne nous disent pas grand-chose sur « les années perdues de Jésus. » comme elles ont été amenées à être appelées.

Cependant, les nouveaux manuscripts découverts servent à éclairer notre compréhension du niveau d’innovation et d’interpolation de la littérature religieuse occidentale, notamment les travaux non-canoniques comme Apocrypha et Pseudepigrapha. Ils furent officiellement considérés hérétiques par l’Eglise Catholique Romaine mais faisaient parti de la tradition littéraire catholique. C’est en étudiant les manuscrits de la Mer Morte et ceux de Nag Hammadi en Egypte que les chercheurs devinrent conscients que la Chrétienneté était sélective quant à la promulgation de la vérité transcendantale. Il y avait des choses que l’Eglise nous cachait- et nous voulions connaître tous les détails.

Donc beaucoup de personnes commencèrent à reconsidérer les dix-huit années manquantes de Jésus. Des livres écrits par des théologiens, des religieux et des chercheurs indépendants inondèrent le marché. Le révérend C.R Potter par exemple a publié en 1962 un livre très informatif intitulé Les années perdues de Jésus révélées. Des chercheurs comme Anne Read et J. Furst informèrent le public sur les travaux de Edgar Cayce dans ce domaine en publiant chacun leur propre livre fascinant sur le sujet. En 1976, Andreas Faber-Kaiser publia l’ouvrage exceptionnel intitulé Jésus mouru au Cachemire, qui non seulement expliquait de manière détaillée ce qui s’est passé lors des dix-huit années manquantes mais aussi promulgua une théorie révolutionnaire assez convaincante sur ce qui s’est passé après la crucifixion quand Jésus fut descendu de la croix (nous reviendrons à l’hypothèse du Cachemire plus tard).

Et peut-être le travail le plus récent sur les dix-huit années manquantes de Jésus a été fait par Elizabeth Clare Prophet, dont le livre assez exhaustif Les années perdues de Jésus traite du sujet de maniére assez nuancé. De plus, il est à noter que tous les chercheurs cités ci-dessus (parmi d’autres que nous allons mentionner bientôt) ont trouvé pour leur plus grande satisfaction que Jésus a vraiment été en Inde. Le révérend Potter, cependant était plus tenté de croire que Jésus a passé ces dix-huit années manquantes parmi les Esseniens. Néanmoins, même le révérend semble admettre que ce temps a été passé entre étudier avec les Esséniens et un voyage en Inde.

Le plus fameux ouvrage contemporain sur les voyages de Jésus vient cependant du couple Dick et Janet Bock dont les travaux de recherches méticuleux ont donnés naissance à un film Les années perdus (1978) et à un livre Le mystére de Jésus (1980). L’auteur et réalisateur Janet Bock nous dit : « Petit à petit cela nous a paru évident que ces années manquaient parce que quelqu’un les avait retiré de l’histoire, de la Bible. On ne pouvait imaginer que Jésus apparu soudainement en Galilée à l’âge de trente ans et cacha la majeur partie de sa vie à ses disciples qu’il aimait et à qui il demandait de le suivre. Et cela ne semble pas possible que ces années furent considérées comme inimportantes et écartées sans dire un mot…Donc l’idée grandît qu’à un moment ce qui était connu dans sa vie fut effacé. En examinant les données de l’Eglise Chrétienne à son début, cela devint évident que les premiers conciles de l’Eglise, surtout le Premier Concile de Nice en 325 A.D. changèrent beaucoup de points de la doctrine…Ces années manquantes furent expurger parce qu’elles ne coïncidaient pas avec les besoins politiques de l’Eglise en expansion. »

L'explorateur russe Notovitch

L'explorateur russe Notovitch

Les recherches de ces quarante dernières années – par les Bock et les autres auteurs mentionnés ci-dessus – on levé le voile sur une controverse qui a été étouffée depuis la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle. Cette controverse – sur les voyages de Jésus en Inde – commença en 1894, quand un journaliste russe nommé Nicolai Notovitch publia un livre à la fois mystérieux et provocateur intitulé La vie inconnue de Jésus Christ.

Juste après la guerre Turko-russe, Notovitch semble commencer un voyage en Orient. En 1887, il arrive au Cachemire où il a entendu parlé d’un monastère bouddhiste à Leh, la capitale du Ladakh. Par curiosité et peut-être aussi par un coup du destin, il décida de rendre une visite aux moines de Leh. Là, on lui a parlé d’un ancien document. Le lama en charge restait discret sur la question – mais il lui révéla que ce document parlait de la vie de Saint Issa. (En latin l’orthographe de Jésus est Iesus ; en Arabe, Isa. De plus, il faut remarquer que Isa est la racine sanskrit du mot Isvara, un nom indien pour Dieu qui veut dire littéralement « le Controlleur Suprême .»)

On raconta à Notovitch que les anciens manuscripts en Pali se trouvaient dans le palace de Dalai Lama et que ces travaux étaient des copies de versions en sanskrit plus anciennes. Des copies de ces copies existaient dans quelques monastères bouddhistes dans la région. Notovitch réalisa qu’il était assez fortuné de se trouver dans l’un de ces monastères.

Le désir de trouver ces parchemins devint une obsession pour lui et Notovitch proposa trois cadeaux au lama en chef – une alarme, une montre et un thermomètre – en espérant que le prêtre bouddhiste soit assez aimable pour lui montrer la vie de Saint Issa en retour…sans succès.

Cependant, quand il quitta le monastère sur son cheval, il se blessa à la jambe et fut forcé de revenir au monastère, ce qui lui porta chance. A son chevet, le lama en chef s’occupait maintenant de lui et lui révéla finalement deux gros volumes dans des cartons. Ceci, pensa le lama rendra heureux le voyageur russe qui était fatigué. Effectivement, Notovitch fut comblé. Là, devant lui, écrit sur des feuilles abîmées par le temps était écrit l’histoire de Saint Issa.

La jambe de Notovitch guérit rapidement et il s’arrangea pour se procurer un interprète pour traduire le manuscript d’Issa. Annotant mot à mot l’histoire, Notovitch retourna ensuite rapidement en occident et publia La vie inconnue de Jésus Christ.

Le livre nous informe qu’à l’âge de treize ans Jésus quitta la maison de Marie et de Joseph à Nazareth. Il voyagea avec une caravane marchande vers les villes saintes de l’Inde et même jusqu’à la rivière sacrée du Gange. Plus tard, il alla en Egypte pour pénétrer les mystères de la Grande Pyramide. Et en rentrant, il explora les diverses philosophies d’Athènes et de Persepolis. Il retourna en Israël quand il avait vingt-neuf ans – dix-huit ans plus tard.

Il faut aussi remarquer que le livre populaire de Levi H. Dowling appelé Le Gospel de l’Aquarian est connu désormais pour s’être inspiré des travaux de Notovitch. Ce livre fut publié en 1908, juste quatorze ans après que Notovitch eut publié La vie inconnue de Jésus Christ, Levi prétendait que ce livre était un document psychique qu’il reçu en révélation.

Naturellement, le monde académique fut sceptique et déclara le livre comme simple plagiat. Avec quelques embellissements et quelques croyances personnelles ajoutées par Levi dans le livre, il raconte plus ou moins la même chose que l’histoire de Notovitch qui fait autorité.

Conformément aux anciens manuscripts trouvés par Notovitch, Jésus a passé six ans à apprendre et enseigner les écritures de l’Inde (les Védas) à Bénarès, Jagannath Puri et d’autres villes dans l’état d’Orissa. Ce fut là que sa philosophie commença à prendre forme. Bien qu’il trouva dans la connaissance védique une grande valeur, il vit aussi comment cette connaissance pouvait être mal utilisée. Par exemple, les prêtres brahmanes – la classe intellectuelle de la société – exploitait les classes plus basses, surtout les sudras, enseignant que la connaissance des Védas était seulement destinées aux les couches supérieures de la société. Jésus trouva cela répugnant. L’Amour de Dieu était pour chaque homme, femme et enfant.

Jésus décida de lui-même de rectifier la situation et commença à enseigner la connaissance védique aux sudras. Il initia donc ses activités de réformateur religieux qui allaient marquer l’Histoire quand il les appliquera dès son retour en occident.

Là-bas, les Pharisiens enseignait une religion légaliste. Jésus leur rappela qu’il y avait un esprit derrière la loi. Dans les travaux de Notovitch, on voit aussi Jésus qui prévient les brahmanes trop conscient de leurs castes qu’ils ont oubliés les vrais enseignements des Védas.

Les Védas enseigne le principe de la distinction de classe. Mais, à l’origine cette distinction était basé sur la qualification et le travail. En Orissa, à cette époque, tout le concept était devenu déformé, et les gens revendiquait les droits de castes en fonction de leur naissance. Si quelqu’un était né dans une famille de brahmanes, il était considéré bramane – même s’il manquait lui les qualifications nécessaires comme la propreté, l’austérite, la compassion et la véracité. Jésus chercha à mettre un terme à cette hypcrisie.

L’idée védique originale était cependant pleinement acceptée par Jésus et l’histoire relate comment il incorpora ces idées quand il retourna en Palestine. Jésus enseigna que chaque être vivant devrait vénérer Dieu en fonction de ses propres capacités. Ce concept est complètement védique, où chacun – en fonction de ses capacités et de son travail – se classe naturellement dans une catégorie ou « castes ». Et ces castes étaient considérées égales dans le sens où elles facilitaient un type de service particulier à l’Etre Suprême. Certaines personnes rentre dans la catégorie de la classe des intellectuels (brahmanes), d’autres sont des administrateurs (ksatriya), d’autres ont plus des talents de commerçants (vaisya), alors que d’autres rentrent dans la catégories des travailleurs manuels (sudra). Mais tous sont égals aux yeux de Dieu.

Il n’est pas étonnant de trouver Jésus rudoyer les « brahmanes » pour leurs mauvaises interprétations de la connaissance védique. En fait, ce n’étaient pas des brahmanes, du moins en ce qui concerne leurs qualifications et leurs connaissances spirituelles. De manière similaire, les Britanniques critiquèrent le système des castes mille-neuf cents ans plus tard.

Soit par pure ignorance ou motivation impure, les brahmanes d’Orissa complotèrent pour tuer Jésus, donnant une raison supplémentaire de penser qu’ils n’étaient pas de vrais brahmanes (c’est contre le code des brahmanes de tuer de quelque façon. La plupart des brahmanes étant de strict végétariens). Après plusieurs tentatives infructueuses d’intenter à la vie de Jésus, le maître fuit Jagannath Puri pour ne plus jamais revenir.

L’histoire d’Issa nous informe qu’après s’être échappé, Jésus séjourna au Népal, au plus profond des Himalayas. Là-bas, il passa encore six ans à enseigner la science de la spiritualité. En rentrant par la Perse, il prêcha contre le concept de deux dieux, un pour le bien, un pour le mal. Dénonçant le concept comme une forme primitive de polythéisme, Jésus ne fut pas très bien reçu par les Zoroastriens, qui croyaient à la bataille entre les deux dieux. « Il n’y a qu’un seul Dieu », Jésus (Issa) leur enseigna, « et c’est notre Père au ciel ».

La partie suivante du manuscript d’Issa (et donc du livre de Notovitch) est presque exactement la même que le compte rendu de la Bible avec lequel nous sommes familier, Pons Pilate, la crucifixion et les Apôtres. Donc ce qu’offre l’ancien manuscript bouddhiste est une explication possible des activités de de Jésus durant ces dix-huit années manquantes, desquelles la Bible ne dit rien.

A ce point la plupart des lecteurs peuvent probablement maintenir leur scepticisme initial. Après tout, à part les mots d‘un moine bouddhiste et d’un voyageur russe, il n’y a aucune preuve concrète que ce manuscript ait vraiment existé ou que son contenu soit authentique. De plus, la plupart des lecteurs sont probablement incertains quant à la possibilité de voyager entre la Palestine et l’Inde à cette époque. En plus, et c’est peut-être la question la plus importante; pourquoi Jésus aurait voulu aller en Inde ? Nous allons donc maintenant aborder ces sujets.

Bien qu’il soit difficile de déterminer l’authenticité et la validité du manuscript d’Issa, ce n’est pas impossible non plus. En fait, même l’attitude de l’Eglise sur le sujet est intéressante. Quand ils furent confrontés à la question par Notovitch, ils l’esquivèrent. Parfois ils lui opposait des arguments, d’autres fois ils ignorèrent simplement ses travaux,  ils semblaient tout le temps craintif, comme s’ils avaient quelque chose à cacher, quelque secret à protéger.

D’après Elizabeth Clare Prophet, le cardinal Rotelli s’opposa aux travaux de Notovitch parce qu’il sentait que cela était « prématuré », que le monde n’était pas prêt à l’entendre. « L’Eglise souffre déjà de trop de cette nouvelle vague de pensée athéiste » dit Rotelli à Notovitch. Le cardinal était évidemment craintif de perdre ses disciples et son entourage qui étaient déjà sceptique quant à la doctrine de l’Eglise. Ils n’avaient pas besoin d’un autre problème à régler.

A Rome, Notovitch montra sa version du manuscript d’Issa devant un cardinal qui était proche du pape. « Qu’y a-t-il de bien à publier cela dit-il ? », lui dit nerveusement le prélat.

«Vous allez vous faire une foule d’ennemis. Si cela est une question d’argent… » Notovitch refusa le pot de vin. A la place il publia son livre.

Avec le temps, Notovitch découvrit que la librairie du Vatican contenait soixante-trois manuscripts qui parle de l’histoire d’Issa –  d’antiques documents qui furent amenés à Rome par des missionnaires chrétiens qui prêchaient en Chine, Egypte, Arabie et Inde. « Pas étonnant que les officiels de l’Eglise réagirent de manière bizarre » réalisa Notovitch, « l’histoire d’Issa n’est pas quelque chose de nouveau pour eux ! », Notovitch extrapola que Saint Thomas ait même pu être un de ces missionnaires en Inde, lequel d’après L’Encyclopédie Catholique évangélisa l’Inde et tous les territoires entre le Golfe Persique et la Mer Caspienne.

Cela nous amène à la question des voyages au premier siècle de notre ère entre la Palestine et l’Inde.  Le livre apocryphe Les Actes de Thomas décrit l’apôtre prêchant le gospel et réalisant des miracles sur « les terres du Gange ». Qui plus est, Notovitch remarqua rapidement que Thomas n’a pas pu prêché dans son grec natale, ou même en hébreu car les peuples de l’Inde ne parlaient que des dialectes issus du Pali et du sanskrit. Il est donc parfaitement probable qu’il apprit le language et qu’il ait même quelque chose à voir avec le manuscript d’Issa (étant un des seules disciples de Jésus en Inde à cette époque.)

Il n’y a désormais plus aucun doute en ce qui concerne les activités de prédication en Inde de Thomas au premier siècle. Les chercheurs ont prouvé de manière définitive qu’il y avait des routes commerciales qui reliaient l’est à l’ouest, des routes fréquentées régulièrement. Des voies terrestres menaient au nord de l’Inde (où Issa voyagea) alors que les voies maritimes approchaient le sud de l’Inde.

Donc personne ne conteste le fait que Thomas eut prêcher en Inde de manière très manifeste.

Ce qui fut possible pour lui fut aussi possible pour Jésus.

Il y a néanmoins des preuves encore plus décisives des voyages de Thomas en Orient. En effet, d’après le professeur William Steuart McBirnie dans son livre La recherche des douze apôtres: « Il a déjà été prouvé que la route maritime vers le sud de l’Inde était très utilisée à l’époque romaine pour le commerce du poivre et que des pièces d’or et d’argent romain des premiers siècles de notre ère ont été découverts dans le sol de Malabarese (Inde du sud). En outre, des preuves indiscutables attestent de l’existence du roi Gondophares et de son frère Gad en tant que personnages historiques et pas seulement des figures de légendes. Leurs noms ont été trouvés sur des pièces de monnaie excavées et aussi sur un inscription de Gandhara qui détermine leur règne à environ 19-45 AD dans la scytho-Inde de la vallée de l’Indus. »

Selon Les Actes de Thomas, l’apôtre voyagea en Inde avec un roi nommé Gondophares qui avait un frère appelé Gad. Les spécialistes contemporains de la question soutiennent la thèse que Thomas soit bien allé en Inde. L’Eglise catholique romaine considère désormais que la cathédrale de Saint Thomas à Mylapur (dans la banlieue de Madras) soit en reconnue comme une basilique car elle repose sur la tombe de l’apôtre. Il fut enterré en Inde avec une mort en martyre.

En fait, la tombe de Jésus est aussi prétendument en Inde, car l’hypothèse du Cachemire soutient que Jésus retourna en Inde après sa crucifixion. « Quoi ! » le croyant chrétien va se demander. « Notre théologie nous enseigne que Jésus est mort sur la croix pour nos péchés! Seulement par son sacrifice nous pouvons être sauvé ! »

Cela peut aussi choquer certains chrétiens de savoir que le pape Jean XXIII déclara ouvertement en 1960 que c’est à travers le sang du Christ que l’homme fut sauvé et que sa mort n’est pas essentielle pour son salut. En d’autres termes, l’hypothèse du Cachemire ne contredit pas nécessairement le dogme chrétien. Jésus a peut-être été crucifié – mais il n’avait pas besoin de mourir sur la croix.

On se doit de garder à l’esprit l’idée que Jésus est mort au Cachemire et voir comment cela nous éclaire sur la vie de Saint Issa. Comme nous l’avons mentionné plus tôt, le journaliste allemand Faber-Kaiser était tellement convaincu de cette hypothèse qu’il écrivit un livre pénétrant, Jésus est mort au Cachemire, qui explique de manière méticuleuse l’histoire complète d’Issa (avant et après la crucifixion). D’après son explication, Jésus eut survécu à la crucifixion et se mit en route vers l’est, cette fois-ci sous le nom de Yuz Asaf. S’installant au Cachemire, Jésus se maria et mouru d’une mort naturelle à un âge avancé. Une communauté de juifs à Srinagar, la capitale du Cachemire, vout toujours un immense respect envers une vieille crypte dans laquelle ils ont cru pendant des générations que Jésus – ou Issa comme ils l’appellent – est enterré.

La thèse du livre de Faber-Kaiser est assez solide, supportée par les travaux de Notovitch, par des interprétations bibliques complexes et par aussi des textes arabiques primordiaux. Le Coran lui-même, dit en fait clairement que  Jésus n’est pas mort sur la croix : « Ils ne l’ont pas tué, ils ne l’ont pas crucifié, cela leur a seulement semblé de la sorte. » (Coran, 155-7). Plus tard, l’historien musulman Imam Abu Ja’far Muhammad at-Tabri a commenté : « Issa et sa mère Marie ont quitté la Palestine et ont voyagé vers une terre lointaine, vagabondant de pays en pays. » L’hypothèse du Cachemire peut donc servir à harmoniser les vues chrétiennes et islamiques,  réglant des querelles vieilles de plusieurs siècles. Les chrétiens disent que Jésus fut crucifié. Les musulmans disent qu’ils n’est pas mort sur la croix. L’hypothèse du Cachemire offre donc une explication possible qui s’accommode à la fois des points de vie chrétiens et les musulmans.

Il y a des preuves encore plus convaincantes. Jésus est mort au Cachemire inclus seize pages de schémas impressionnants dans lesquels des parallèles linguistiques sont établis entre les noms de lieux, de tribus, de castes du Cachemire et ceux trouvés dans la Bible. En plus, Faber-Kaiser se réfère à l’ancien texte du Bhavishya Purana (qui fait partie des canons védiques), qui ont été écrits en sanskrit il y a cinq mille ans par le sage Vyasadeva. En tant que texte sacré qui inclut des prophécies, il s’aligne avec la Bible. Faber-Kaiser paraphrase le Purana, « [Maharaja] Shalewahin sortit un jour marcher dans les montagnes et à Voyen, prêt de Srinagar vit une personne distinguée habillé de blanc et de couleur claire de peau. Le [Maharaja] lui demanda son nom, Jésus lui répondit qu’il était connu comme le fils de Dieu et qu’il était né d’une vierge. Le [Maharaja]  fut surpris, mais Jésus lui expliqua qu’il lui disait la vérité et que sa mission était de purifier la religion. Quand le [Maharaja]  continua à le questionner; Jésus lui dit qu’il eu proclamé son ministère dans un pays loin au-delà de l’Indus et que le peuple le fît souffrir. Il prêcha l’amour, la vérité et la pureté de cœur et pour cette raison il fut connu comme le Messie. » Dans le même Bhavishya Purana, Jésus mentionne aussi de la prédication sur la terre des Amalekites, qui est connecté de manièr certaine à la tradition biblique.

Remarquablement, tous les prophécies dans ce Purana sont écrites comme si l’événement eu déjà eut lieu, ce qui est une pratique courante dans la littérature prophétique. Le scénario mentionné ci-dessus n’advint pas avant trois-mille ans après son énoncé, c’est-à-dire il y a deux mille ans. La littérature védique relate donc l’histoire d’Issa et proclame le fait que Jésus a bien voyagé en Inde.

Notovitch était convaincu de ces faits. Mais Swami Abhedananda, un disciple connu de Ramakrishna, ne le fut pas. En fait, il restait bien sceptique par rapport à tout cela. Et en 1922, il décida de partir en trekking dans la région des Himalayas. Il eut vent brièvement des exploits de Notovitch et en tant que chercheur il fallait qu’il vérifie de manière certaine tout cela. Est-ce que les manuscripts d’Issa ont vraiment existé ? Ou bien est-ce que Notovitch était une fraude comme beaucoup d’autorités écclésiastiques (et Abhedananda lui-même) étaient portées à croire ? Le Swami partît a la recherche d’un manuscript.

Les résultats furent étonnants. Quand il revînt, il publia un livre de ses voyages intitulé Kashmiri O Tibetti. Le livre parle de sa visite au monastère bouddhiste et comment on lui a lu et traduit dans sa langue bengali natale le manuscript d’Issa. Abhedananda réalisa très vite que les travaux de Notovitch correspondaient fidèlement au texte. Il devînt alors entièrement convaincu. Il faut remarquer qu’à la fois Notovitch et Abhedananda ont eu besoin d’avoir le transcription traduite pour eux. Il ne pouvait pas lire le manuscript en Pali eux-mêmes. Les soi-disant spécialistes restaient donc sceptique quand il revinrent en occident. Ces chercheurs enthousiastes étaient sûrement sincères mais peut-être y avait-il une erreur dans la translation ? Ou alors peut-être le moine bouddhiste les avait trompé ?

Le problème – pourtant peu substanciel – fut réglé une fois pour toute par une équipe de recherche père et fils. En 1925, Nicholas Roerich, artiste, philosophe et scientifique distingué partît en expédition dans les Himalayas. Etonnamment, ayant aucune connection avec Notovitch et Abhedananda, il tomba sur le manuscript d’Issa. De plus, le fils de Nicholas Roerich, George qui voyageait avec son père, était compétent dans de nombreux dialectes indiens dont le Pali. Ils lurent le manuscript en première main , prirent des notes et l’enregistrèrent dans leur carnet de voyage. Bien qu’à ce moment ils ne réalisèrent pas sa valeur, des années plus tard la valeur de ce carnet de voyage devînt apparente.

D’après Elizabeth Clare Prophet, « l’expédition asiatique de Nicholas Roerich dura quatre ans et demi. A cette époque, il voyagea du Sikkim par le Punjab et dans Cachemire, le Ladakh, le Karakorum, le Khotan et l’Irtysh, et puis sur les montanges de l’Altai et à travers la région Oyrot dans la Mongolie, le désert de Gobi central, Kansu et le Tibet. » Après tous ses voyages, Roerich admît « Nous furent touchés de voir combien est répandue l’histoire d’Issa. »

Bien que cela reste un mystère en occident, Issa vit dans le cœur du peuple indien. Et cela est un fait qui ne peut être ignoré. Le Bible conclut : « …et il y a aussi de nombreuses choses que Jésus fît [c'est-à-dire non mentionnée dans la Bible], lesquelles si elles étaient toutes écrites, je suppose que même le monde lui-même ne pourrait pas contenir tous les livres qui pourraient être écrits… »

Conclusion

Bien que le lecteur puisse admettre que Jésus ait pu voyager en Inde, il nous reste la question que l’on s’est posée avant: pourquoi voulait-il y aller? Il a plusieurs raisons superficielles qui viennent à l’esprit immédiatement et elles peuvent être comprises facilement. Certains disent qu’ils étaient en recherche des trois sages hommes qui, on doit s’en souvenir venaient de l’orient. Faber-Kaiser spécule sur le fait que Jésus cherchait les dix tribus perdues d’Israël. D’autres disent que, due à la persécution, Jésus et Marie avec Saint Thomas avaient fui vers une terre plus riche en compréhension, une terre de tolérance et de paix.

Bien que certaines voires toutes ces réponses puissent être vraies, cet auteur admet que ce sujet est plus profond qu’il n’en a l’air et que Jésus qui prêchait une doctrine complètement métaphysique cherchait un pays imprégné de spiritualité. Les juifs étaient préoccupés avec l’ici et le maintenant. Mais Jésus, contrairement aux enseignants juifs, revendiquait que son royaume n’était pas dans le monde matériel mais dans le Royaume de Dieu, au paradis. Les enseignements de l’Inde, dénigrés comme « hallucinatoire » par les critiques juives étaient plus en adéquation avec les enseignements mystiques de Jésus.

De plus, Jésus exhiba certains pouvoirs mystiques, qui bien que peu communs en occident, étaient connus des yogis de l’Inde. Par exemple, Jésus, il est dit, marchait sur l’eau. Le pouvoir mystique connu comme le laghima siddhi peut rendre une personne plus légère que l’air, donc capable de marcher sur l’eau. Jésus multiplia les pains et les poissons, comme les yogis étaient connus pour multiplier leurs propres formes (kamavasayita siddhi) aussi bien que de manifester toutes sortes d’objets – dont les pains et les poissons – d’endroits distants (prapti siddhi). Jésus s’échappa de sa tombe qui était bloquée par un large roc, les yogis étaient capables de devenir plus petit que le plus petit (anima siddhi) pour échapper à des démons. Ces miracles n’étaient pas inhabituels dans l’ancienne Inde et les miracles de Jésus ressemblent trop à ceux des yogis de l’Inde pour que l’on puisse dire que tout cela est une coïndicence. Donc, une étude comparative de la philosophie védique et de l’histoire de la chrétienneté, sous la direction d’un maître spirituel authentique, révèle rapidement la connaissance sans pareil et la profondeur spirituelle de l’orient et son influence sur l’occident.

L’écrivain Alex Kack, dans un article intéressant de la revue Eastwest Journal (Janvier 1978), le dit de la manière la plus éloquente, «  le voyage de Jésus symbolise la quête de sagesse, la recherche de la complétude. L’orient, aujourd’hui aussi, signifie l’autre moitié mystérieuse de l’âme, la concience cachée, l’esprit supérieur, la dimension intuitive du psyché que les civilisations classiques grecques et hébreuses ont minimisés ou ignorés. »

Cela ne veut pas nécessairement dire que Jésus était en quête de sagesse et de complétude. En tant que fils de Dieu, il a pu être parfait dès sa naissance. Mais en tant que Messie, l’instructeur parfait, Jésus montrait la voie. Pour ceux d’entre nous en recherche de la Vérité Absolue, Jésus a montré la direction de l’est. De même, tel le soleil se lève sur l’orient, la lumière de l’est nous revient, nous qui attendons patiemment en occident.