Bhrgu Muni, le sage qui compila l'astrologie védique

Bhrigu Muni, le sage qui compila l'astrologie védique

Par Gaudamandala dasa. http://www.astro-india.fr

Les origines:

Le jyotish ou astrologie védique est un mot sanskrit qui est une contraction de jyoti (la lumière) et isa (le suprême). Une lumière qui provient du créateur afin de guider les âmes dans l’univers. Parasara Muni est souvent adressé comme le père du jyotish, ayant lui-même écrit des ouvrages très importants tels le Brihat parasara Hora sastra. Brihat signifie grand, merveilleux ; sastra, les écrits sacrés, et Hora, l’ensemble des disciplines du jyotish soit :

  • Le jataka ou thème de naissance
  • Le prasna ou la voyance astrologique
  • Le muhurta ou la décision d’un moment opportun pour entreprendre une action importante ou accomplir une cérémonie. Pour ne parler que des principales techniques.

Parasara Muni avait reçu cette connaissance de Saunaka Rishi, qui la tenait de Narada, le fils Brahma, créateur de l’Univers, qui lui-même avait reçu la connaissance directement de Krishna, la Personne Suprême. Le jyotish fut donc énoncé en même temps que les Védas, dès l’aube de la Création. Cette science, liée aux Védas en tant que membre (anga) permettait, à l’époque des grands sages, d’informer l’âme venue dans ce monde sur ses vies passées, sa vie présente et ses vies futures. Les connaissances requises pour arriver à de tels résultats ne sont plus accessibles de nos jours, mêmes pour les meilleurs astrologues.

Alors que fait-on avec le jyotish maintenant ?

La pratique du jyotish en conscience divine peut avec précision :

  • énumérer les capacités d’une personne dans les domaines physiques, émotionnels, intellectuels et spirituels.
  • expliquer au consultant comment va se présenter tout au long de sa vie le bon héritage des vies passées (karma favorable) ou le mauvais héritage (karma difficile).
  • trouver des solutions védiques pour diminuer les effets négatifs de la destinée et accroître les effets positifs. Ainsi pour améliorer sa destinée on peut pratiquer la charité, accomplir des austérités ou des sacrifices, ou encore chanter les mantras védiques. On peut aussi adopter tout simplement une meilleure façon de vivre.

Prenons quelques exemples :

- Une personne étant informée – par le biais de son horoscope – d’une faiblesse de santé au niveau des poumons et du système nerveux, évitera de fumer. Elle pourra, au contraire, pratiquer le pranayama (la respiration yogique) et aller marcher régulièrement dans une forêt où dans des endroits oxygénés.

- Des parents qui découvrent une très grande sensibilité émotionnelle en faisant établir l’horoscope de leur enfant, feront attention, dès le plus jeune âge, à éviter les situations où celui-ci peut se voir désemparé, agressé ou inquiet.

- Une personne qui est dans les affaires peut découvrir dans son horoscope qu’à partir de ce moment et pour une durée de cinq ans, elle n’aura aucun résultat positif dans son travail, mais qu’en revanche cette période sera favorable aux voyages, à l’introspection et aux activités humanitaires. Elle peut ainsi, en toute connaissance de cause, prendre une décision qui ira soit dans le sens de sa destinée soit à contre-courant de celle-ci.

L’horoscope védique devient alors un mode d’emploi efficace de la vie humaine pour utiliser au mieux ce qui nous a été donné et pour connaître le karma disponible pour nous. On dispose alors d’un outil très sophistiqué qui, tout comme dans le cas d’un ordinateur, nous permet d’accomplir maintes tâches : si on en connait le mode d’emploi, on peut utiliser parfaitement toutes ses fonctions, afin d’accomplir avec dextérité les différentes tâches.

Le Muhurta est aussi une partie utile de l’astrologie qui permet de décider des différents moments opportuns pour :

  • se marier
  • entrer dans une maison où en démarrer la construction
  • ouvrir une entreprise ou un commerce
  • effectuer un long voyage à l’étranger
  • prendre une initiation spirituelle, etc.

L’étude de compatibilité entre deux personnes, en mettant face à face deux horoscopes, que ce soit pour les futurs époux, les relations père/mère et enfants, les associés dans une affaire ou les amis, nous permet de comprendre avec précision pourquoi des personnes qui sont destinées à vivre ensemble n’arrivent pas à s’entendre ou pourquoi deux êtres qui ne se connaissent pas dans cette vie auront entre elles une amitié ou un amour profond. La compatibilité met aussi en valeur les forces et les faiblesses des relations entre plusieurs personnes et précise les domaines sur lesquels il faut travailler pour atteindre l’harmonie, lorsque celle ci est possible.

Les qualifications de l’astrologue:

Selon Parasara Muni, le pratiquant astrologue doit être établi au niveau de la vertu, il doit faire preuve de véracité et se situer dans la conscience de Dieu, la Personne Suprême. Dans la tradition védique, l’astrologue étudie auprès de son maître et il reçoit ses bénédictions afin de pratiquer cette science.

Dans cet âge de Kali (âge de fer), il est certainement approprié de rester humble quant à sa capacité de prédire. C’est la réalisation de tout astrologue védique sérieux. C’est une science très vaste, difficile, et l’expérience des années, comme dans toute discipline, est essentielle.

Grâce à l’horoscope, un astrologue peut prédire différentes catégories d’évènements qui vont effectivement se produire, sur des périodes approximatives. Ce qui sera déjà une information précieuse pour le consultant. Plus l’astrologue sera avancé dans sa pratique, plus il pourra faire des prédictions précises et donner des conseils judicieux tant pour le bien-être matériel que pour l’élévation spirituelle du consultant. Et pour atteindre le niveau de Varaha mihira la plupart des astrologues devront pratiquer cette science divine pendant … plusieurs vies ! Comme nous allons le voir dans ce petit récit.

Varaha mihira désigne un sanglier sauvage. La manière dont l’Empereur du moment attribua ce titre nous vaut une grande leçon d’astrologie. Un certain Empire avait pour emblème un sanglier et même  sur la couronne royale, un sanglier en pierres précieuses étincelait. La reine mit au monde un enfant. Interrogé par le roi, l’astrologue annonça que le prince serait tué par un sanglier dans sa dix-huitième année. Il indiqua le jour et l’heure exacts. Les années passèrent… L’empereur fit tout pour empêcher la réalisation du pronostic. Un grand palais fut bâti, gardé par les meilleurs guerriers. Il était interdit au prince de se déplacer ; même un chat n’aurait pu entrer ou sortir. Le prince résidait au 7ème étage du palais. Le jour venu, les messagers apportèrent des nouvelles de façon ininterrompue. A l’heure où le pronostic fatal devait s’accomplir, un messager confirma que tout était paisible. L’astrologue affirma que l’heure étant passée, le prince était mort. L’empereur et sa garde se rendirent au palais du prince. Chaque étage était paisible. Au septième étage, les compagnons du prince jouaient aux cartes. Le prince était allé sur la terrasse prendre l’air. Il avait donné ses cartes à un compagnon qui jouait pour lui. Le roi se précipita sur la terrasse. Là, il découvrit le corps du prince, gisant dans un bain de sang. Il avait été tué et défiguré par les mâchoires d’un sanglier … de métal ! L’architecte avait fixé sur le mât central cet emblème royal, qu’on trouvait un peu partout. Personne n’y avait prêté attention. Près du mât, une couche permettait de s’étendre. Le prince s’y était reposé. A l’heure fatale, un grand vent s’était levé, mettant à bas le sanglier métallique, tuant le prince. La présence des coussins avait étouffé le bruit. L’empereur prit le sanglier de pierres précieuses qui ornait sa couronne et le fixa sur le front de l’astrologue ». (texte de Denis Labouré)

L’élévation spirituelle de Varaha mihira était tellement forte, qu’il était mis en pouvoir par  la Personne Suprême, Krishna qui est tri kala gya, celui qui connaît parfaitement le passé, le présent et le futur de ce monde manifesté  (tri kala, signifiant les trois temps et gya, connaissance).

A suivre ………